Les risque de requins à la Réunion

Contexte Historique de la Présence des Requins à la Réunion

Quand on parle de la Réunion, on entend les randonnées exceptionnelles, son volcan, ses cirques exceptionnels mais aussi les requins. Alors qu’en est-il ? Est-ce qu’il faut vraiment avoir peur ? Quels sont les risques réels ? Faisons un tour d’horizon de la question.

requin vue de dessous

L’île de la Réunion, a toujours été un territoire partagé avec les requins. Depuis sa découverte au 16ème siècle, la présence de ces créatures marines autour de l’île est connu de tous. Les habitants de la Réunion, fort de leur expérience et de leur sagesse transmise au fil des générations, ont appris à identifier les zones à risque et à respecter des règles précises pour une cohabitation respectueuse avec ces habitants des profondeurs.

Au fil des années, notamment en raison d’une augmentation significative de la population locale et touristique, l’interaction entre les humains et les requins s’est intensifiée. Cette coexistence, autrefois équilibrée, est aujourd’hui marquée par une augmentation des incidents. Les anciens de l’île connaissent bien les secrets des eaux locales – des connaissances qui se sont quelque peu diluées avec l’accroissement démographique et l’attrait touristique grandissant de l’île. C’est dans ce contexte historique et culturel complexe que s’inscrit la problématique actuelle des attaques de requins à la Réunion.

Statistiques Récentes et Comparaisons

L’île de la Réunion a été le théâtre de 27 attaques de requins depuis 2011, parmi lesquelles 11 se sont avérées mortelles. Ces chiffres révèlent une réalité alarmante, surtout lorsqu’on les met en perspective avec d’autres régions mondialement connues pour les attaques de requins, comme les États-Unis, l’Australie et l’Afrique du Sud. La Réunion se distingue nettement par une proportion élevée d’attaques mortelles, un fait souligné par le Muséum d’histoire naturelle de Floride, qui recense la liste des attaques de requin dans le monde.

Historiquement, de 1980 à 2010, 30 attaques de requins ont été enregistrées, avec une moyenne d’une attaque par an. Cette période a vu des fluctuations notables, avec une augmentation des attaques dans les années 90. Géographiquement, les côtes Ouest et Sud-Ouest, zones d’activités balnéaires et touristiques, ont été les plus touchées. Ces attaques ont eu un impact profond tant sur le plan économique que touristique, marquant durablement la mémoire collective de l’île.

Il est à noter que les chiffres varient légèrement selon les sources. Selon certaines autorités, on compte 25 attaques depuis 2011, dont 11 mortelles, soulignant l’importance significative de ces incidents pour une île de la taille et de la situation géographique de la Réunion. Ces statistiques, bien qu’inquiétantes, sont essentielles pour comprendre et aborder la cohabitation entre les humains et les requins dans cette région unique.

Causes Potentielles de l’Augmentation des Attaques

La soudaine recrudescence des attaques de requins à La Réunion depuis 2011 interpelle et pousse à la réflexion. Une cause probablement majeure de cette augmentation a été identifiée : l’interdiction de la vente de chair de requin en 1999 en raison de la toxine ciguatera. Cette décision a entraîné l’arrêt de la pêche aux requins, une pratique qui limitait autrefois leur présence proche des côtes. Depuis, la forte présence de requins bouledogue et tigre près des côtes est régulièrement constatée, exacerbée par d’autres facteurs tels que la pression accrue dans la recherche de nourriture due à la surpêche d’autres espèces.

D’autres éléments environnementaux sont également suspectés de jouer un rôle. La surpêche des poissons de récif et des requins de récif pourrait avoir réduit les sources de proies pour les requins bouledogues, les poussant ainsi à s’approcher davantage des zones côtières. En outre, la pollution et les activités volcaniques telles que celles du Piton de la Fournaise pourraient avoir contribué à une visibilité sous-marine réduite, favorisant les conditions de chasse des requins bouledogues, connus pour préférer les eaux troubles.

Espèces de Requins Responsables des Attaques

Au cœur de la crise requin à La Réunion, certaines espèces de requins sont plus impliquées que d’autres. Il existe 450 espèces de requin dans le monde. 5 espèces seulement sont potentiellement dangereuses pour l’homme : le requin blanc, le requin tigre, le requin bouledogue, le requin longimane et le requin marteau. Ces 5 espèces sont présentes dans l’Océan Indien. Tout le reste des requins ou du moins la très grande majorité, son inoffensif pour l’homme.

Le requin bouledogue et le requin tigre sont fréquemment identifiés comme les principaux auteurs de ces attaques. Ces espèces, connues pour leur proximité avec les côtes, représentent une menace constante pour les activités nautiques. Le requin gris de récif, bien que moins fréquemment impliqué, figure également parmi les espèces concernées.

Les analyses des attaques survenues entre 2000 et 2016 révèlent que la majorité d’entre elles ont été perpétrées par des requins bouledogues, suivis par des requins tigres, avec quelques incidents attribués à des requins dont l’espèce n’a pas été identifiée. Il est aussi à noter que des espèces telles que le requin mako, le requin pointe blanche et le requin-limon faucille pourraient potentiellement être impliquées dans certaines attaques, même si elles ne sont pas connues pour attaquer l’homme.

requin tigre

Mesures Gouvernementales et Précautions de Sécurité

Face à la montée des attaques de requins, La Réunion a pris des mesures gouvernementales significatives. Un arrêté préfectoral de 2021, prolongé jusqu’en février 2024, réglemente les activités nautiques afin de minimiser les risques. La baignade et les sports nautiques sont désormais limités à des zones spécifiques : les lagons, les espaces aménagés avec des filets de baignade et les zones d’expérimentation opérationnelle équipées de dispositifs de surveillance comme Vigie Requins.

Le dispositif Vigie Requin Renforçé (VRR), ainsi que d’autres mesures préventives, jouent un rôle crucial dans la gestion de la crise. Ces initiatives comprennent la surveillance renforcée, l’installation de filets de sécurité et des opérations de prélèvement des requins. L’objectif est de créer des barrières de protection efficaces, tout en informant et en accompagnant les activités nautiques les plus exposées au risque.

En outre, la baignade et les activités nautiques sont interdites dans un périmètre de 300 mètres autour des côtes, à l’exception des zones spécifiquement aménagées et surveillées.

Recommandations pour les Nageurs et Surfeurs

Il est crucial pour les nageurs et les surfeurs de prendre conscience des risques et des précautions adaptées. La première et la plus importante est de respecter scrupuleusement la réglementation en vigueur, les dispositifs de prévention et de surveillance relatifs à la baignade. Cela inclut la signalisation par drapeaux et les dispositifs spécifiques au risque requins, comme les flammes rouges ou oranges indiquant la présence potentielle de ces prédateurs.

Il est également essentiel de ne jamais s’aventurer dans une zone interdite ou signalée comme dangereuse. Pour les activités nautiques, il est recommandé de privilégier la pratique collective, sous l’encadrement de professionnels, et de ne pas laisser les enfants se baigner sans surveillance.

Enfin, n’allez jamais surfer ou nager hors des récifs au lever et coucher de soleil, car c’est à ces moments-là que les prédateurs sont les plus actifs et en quête de nourriture.

Se renseigner auprès des maîtres nageurs sauveteurs ou des loueurs d’équipements de loisirs sur la réglementation et les dangers éventuels est une autre étape clé pour assurer sa propre sécurité. En cas de blessure ou de pêche sous-marine, il est conseillé de ne pas rester dans l’eau et de déposer rapidement les prises sur une bouée ou dans un navire.