L’histoire de l’Ile de la Réunion

Si vous êtes passionné d’histoire et aimez explorer les racines des civilisations qui peuplent notre monde, je vous invite à plonger avec moi dans cet article sur l’histoire de l’Ile de la Réunion, ce petit bout de terre situé dans l’océan Indien. Une île qui garde en elle le témoignage d’un passé à la fois douloureux et riche en héritages culturels.

L’Histoire Géologique de l’Île

L’Île de la Réunion est une terre de contrastes et de beauté naturelle, forgée par des forces géologiques puissantes. Créée il y a environ 2 millions d’années, l’île est le produit de l’éruption d’un volcan sous-marin aujourd’hui éteint. Cette origine volcanique est à l’origine de la topographie unique de l’île, caractérisée par des paysages abrupts et des reliefs spectaculaires.

Les deux volcans dominants de l’île, le Piton des Neiges, aujourd’hui éteint, et le Piton de la Fournaise, toujours actif, sont des figures emblématiques de ce paysage. Le Piton de la Fournaise, en particulier, continue d’agrandir l’île au gré de ses éruptions successives, contribuant à sa diversité géo-climatique remarquable. Cette diversité offre un climat propice à l’épanouissement d’une grande variété de plantes, de fleurs et de fruits, façonnant ainsi l’écosystème unique de l’Île de la Réunion.

L’occupation précoloniale de l’île

Avant l’arrivée des premiers colons européens sur l’île de la Réunion, il est probable que des peuples austronésiens furent présents sur cette île pour y pratiquer la pêche à proximité déjà au VIIIe siècle. Malheureusement, l’île n’a pas su garder de traces archéologiques de ces passages antérieurs à sa découverte officielle par les Européens.

La découverte européenne et la colonisation

Les premiers explorateurs européens, guidés par l’idée de trouver de nouvelles routes commerciales vers l’Orient, vont poser les pieds sur l’île au cours du XVIe siècle. Le navigateur portugais Pedro Mascarenhas aurait découvert l’île en 1513 et lui donnera le nom de « Santa Apolonia », un nom qui sera rapidement remplacé par celui de Bourbon au début du XVIIe siècle sous domination française.

Cependant, ce n’est qu’à partir de 1665 que l’île va véritablement être colonisée par la France. En effet, sous le règne de Louis XIV et avec l’aide précieuse de la Compagnie française des Indes orientales, un véritable processus d’installation commence avec le débarquement des premiers habitants français en compagnie d’esclaves malgaches pour assurer le travail sur les plantations.

Malheureusement, l’île de Bourbon est également associée à une pratique honteuse durant cette période : l’esclavage. En effet, dès les débuts de la colonisation, les colons français avaient recours à l’utilisation d’esclaves venus majoritairement d’Afrique et de Madagascar pour assurer le développement des cultures et notamment celle du café qui deviendra l’une des richesses majeures de l’île au XVIIIe siècle.

L’évolution politico-économique et l’abolition de l’esclavage

Au courant du XIXe siècle, l’île de Bourbon connaitra de nombreux changements politiques et économiques qui auront une incidence directe sur sa société. Le premier grand évènement surviendra lors de la Révolution française lorsque l’île abolit momentanément l’esclavage en 1794 suite à la prise de pouvoir des jacobins locaux. Cependant, cette abolition sera annulée moins de 15 ans plus tard et l’esclavage se poursuit jusqu’en 1848.

Le changement de nom et l’intégration à l’empire colonial français

En 1793, les autorités votent le remplacement des noms affectant l’Ancien Régime. Ainsi, en hommage à la Réunion du parti du peuple libre, Bourbon est renommée île de la Réunion. Cependant, pour éviter toute confusion avec une autre île du même nom, on la nomme Louis Bonaparte en 1806, puis Bourbon à nouveau, avant de retrouver définitivement le nom de Réunion en 1848.

Avec l’établissement du Second Empire sous Napoléon III, l’île de la Réunion vivra quelques années inédites où elle est enveloppée par l’euphorie coloniale représentative de cette époque. Elle bénéficiera notamment de la construction d’une voie ferrée reliant Saint-Denis et Saint-Pierre, contribuant ainsi au développement économique et social de l’île.

L’abolition de l’esclavage et le recours à l’engagisme

En 1848, donc plus d’un siècle après son imposition initiale, un grand pas historique est effectué vers plus d’humanisme avec l’abolition de l’esclavage à l’île de la Réunion. Une avancée célébrée chaque année lors de la fête nationale du 20 décembre, dit « fet kaf« .

Cela dit, afin de pallier le manque de populations laborieuses pour soutenir les plantations désormais privées d’esclaves, les colons français ont recours à un système d’immigration spécifique qui, sans être assimilé à l’esclavage, maintenait les travailleurs venus principalement de l’Inde sous un certain joug. Cette main-d’œuvre semi-libre est désignée par le terme « engagés ».

Le développement du sucre et la fin de l’engagisme

Au cours du XIXe siècle, l’économie de l’île se tourne vers une autre ressource : la canne à sucre. L’introduction de nouvelles variétés et techniques de production rendent cette culture plus rentable que celle du café. Le déclin progressif de l’engagisme coïncide également avec la montée en puissance de la culture sucrière.

L’engagisme prend fin officiellement en 1930, scellant ainsi la fin définitive des pratiques de soumission laborieuse sur l’île. Dès lors, la Réunion connaîtra un essor économique basé principalement sur la diversification de ses cultures agricoles et les investissements métropolitains.

De la colonie à la départementalisation

Le 19 mars 1946 marque un tournant majeur dans l’histoire de la Réunion puisque l’île devient officiellement un département français d’outre-mer. Ainsi, la population réunionnaise obtient les mêmes droits et devoirs que leurs compatriotes de la Métropole. Cela favorise grandement un développement économique et social rapide et durable pour l’île.

Depuis lors, l’île de la Réunion n’a cessé d’évoluer, renforçant continuellement son patrimoine et contribuant au « vivre ensemble » de toutes les cultures qui se sont entremêlées au cours des siècles. L’histoire de cette île si particulière témoigne ainsi d’une capacité à valoriser ses héritages tout en étant capable de surmonter les traumatismes d’un sombre passé. Un exemple à suivre pour les générations futures

* je vous conseille de visiter le Musée de Villèle pour découvrir en détail l’histoire de l’esclavagisme à la réunion.